...Ou les joies effrontées de la plongée
« É increivel o que esses caras de mergulhadores inventam » : C'est incroyable ce que ces canailles de plongeurs inventent. C'est bien le cas de le dire : Avant cette expérience bien particulière dans les eaux bahianaises, jamais je ne me serais imaginée qu'il existait un type de plongée aussi curieux que celui appelé « plongée en eau avec courant ».
Prenez un instructeur, machinalement relié à une bouée de localisation en surface pour permettre au bateau de garder la trace de la palanquée ; choisissez un site tourmenté, secoué, houspillé de tous côtés par la fureur et l'agacement du courant ; jetez-y enfin un groupe de plongeurs encore incrédules : et vous aurez, en un tournemain, réunis les ingrédients d'une plongée pour le moins mouvementée. Arrivé à une quinzaine de mètres de profondeur, la force du courant est telle qu'elle vous emporte à toute allure selon un flux se hâtant dans un sens ou dans un autre, que l'on vous propose de suivre ensuite sans grand effort, en palmant pour le mieux dans l'unique optique de garder la direction suivie et le positionnement adéquat. Les eaux vertes de début de soirée vous convient ensuite à survoler quelques unes des nombreuses épaves salvadoriennes recroquevillées au fond de recoins sombres, renfermant des trésors de vieilles bouteilles et de bibelots éparpillés de part et d'autre de restes maritimes, réveillés régulièrement, ou à la hâte, de leur sommeil ancestral par quelque visite de plongeur scrupuleux.
A quiconque aurait l'occasion de participer à une expérience aussi surprenante un jour ou l'autre : n'hésitez pas !!! C'est un moment qui se rappelle encore à ma mémoire avec toutes les facéties qu'il évoque...
Publié dans : Plongée sous-marine
Samedi 29 avril 2006
0

Salvador da Bahia : Premier épisode
Pour une citadine émerveillée qui d’abord découvre le Brésil au travers de l’agitation frénétique et l’activité d’affaire de São Paulo, le spectacle qu’offre la ville de Salvador est tout autre. Pour poser illico le cadre du décor, rappelons brièvement que Bahia est l’un des 23 États qui composent le Brésil. Située au Nord du pays et faisant partie de la région Nordeste de par sa situation géographique, Bahia se différencie néanmoins de ses voisins côtiers par l’expression exacerbée des métissages et le poids de l’héritage africain qui l’animent.
Salvador est sans aucun doute un lieu de richesse historique dans la pure lignée de la tradition coloniale portugaise. Première capitale brésilienne, déchue de son rang politique et économique traditionnel au profit de villes aux allures plus conventionnelles et futuristes – Brasilia, nouveau cœur des décisions administratives depuis 1960 et São Paulo, capitale des banques et de la finance moderne, la ville s’est construit une identité touristique qui lui est propre en tirant profit de son patrimoine culturel et de ses spécificités.
Le quartier du Pelourinho, principal centre historique de la ville, regroupe l’ensemble des monuments de l’ancienne capitale. Entre les rues pavées et la pléiade étonnante d’auberges typiques ou de fortune qui proposent généralement des chambres de deux types différents, suites ou dortoirs collectifs, des groupes de touristes paraissent se chamailler tout au long des journées, gagnés par l’effervescence générale, ballottés entre le va-et-vient des marchands en tout genre, attristés ou non par les récriminations des enfants des favelas alentour. L’activité touristique paraît trouver un réconfort artificiel dans la diffusion des airs de Céline Dion, s’échappant au fil des heures depuis les jets éclairés de la fontaine voisine de
la Praça da Sé. Dans un pays où les clivages de classes sociales et les différentes sources de richesse côtoient sans ambages la pauvreté la plus extrême, la présence généralisée d’uniformes de police, garante d’ordre et de sécurité improvisés, ne permet pas d’oublier que la beauté de Salvador et les richesses du Brésil sont encore bien dépendantes d’un équilibre fragile.
Salvador n'en reste pas moins un lieu unique et étonnant à visiter. Et cela, les visiteurs du monde entier l'ont reconnu depuis longtemps.
Publié dans : Contes de Bahia
Mercredi 26 avril 2006
1